Covid-19 : l’impérieuse nécessité de se réinventer !

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Nous étions partis cet été avec le secret espoir que l’épidémie de Covid-19 finirait par s’en aller comme elle était arrivée, après une grande vague.

Las! Non seulement l’épidémie est toujours là mais elle semble désormais être là pour durer.

Combien de temps le virus restera-t-il actif ? Combien de temps nous faudra-t-il pour obtenir un vaccin vraiment efficace et sans effets secondaires graves (une première firme vient d’arrêter ses essais cliniques pour cause d’effets secondaires) ? Nul ne le sait.

Donc force est de constater qu’il va bien falloir se préparer à vivre durablement avec le virus. Peut-être deux ans, trois ans voire davantage…

Dès lors, la politique de précaution consistant à annuler toutes les manifestations publiques, les fêtes, les foires, les spectacles, les représentations de théâtre, les soirées en boîte de nuit, la restauration en milieu clos… n’est plus tenable.

On ne va pas pouvoir arrêter de « vivre » pendant 2 ou 3 ans.

Les effets seraient dramatiques :

– d’une part les effets économiques car de nombreux secteurs seraient condamnés à disparaître purement et simplement. Les voir réapparaître après la crise serait illusoire. Quant à l’idée que l’Etat paierait sur la dette, c’est-à-dire sur les impôts futurs de nos enfants, les dépenses de ces secteurs pendant plusieurs années alors même qu’ils n’enregistreraient aucune activité donc aucune recette, serait folie. Accepterions-nous aujourd’hui de payer a posteriori la facture de cochers de diligence qui auraient cessé leur activité avec l’arrivée au début du siècle dernier de l’automobile mais auraient continué à être payés durant des années même sans activité ? Assurément non.

– d’autre part les effets psychosociaux qui seraient causés par la disparition progressive de toute vie sociale et culturelle, c’est à dire de tout instant de partage et tout espace du vivre ensemble. On voit déjà augmenter de manière considérable la violence verbale voire physique, sans parler des cinglés qui se lèvent la nuit pour aller mutiler des chevaux ou des vaches. Abreuvés par la peur d’un virus invisible qui rôde autour de nous, par le compteur des morts qui défile sur les chaînes d’info continue et les différentes théories du complot qui pullulent sur les réseaux sociaux, reclus sur nous-mêmes, n’osant plus aller voir nos parents, embrasser nos enfants qui rentrent de l’école, croiser les voisins dans la cage d’escaliers, sans craindre d’être contaminés ou de contaminer,  nous sommes exposés à un risque non négligeable de devenir « tarés ».

Face à la crise, la société, l’individu, a plus que jamais besoin de « soupapes » pour faire sortir la pression.

Alors que faire ?

Simplement ce que fait l’Humanité depuis la nuit des temps, chaque fois qu’elle est confrontée à une nouvelle épreuve : s’adapter.

L’histoire de l’évolution, théorisée par Darwin, est d’ailleurs très éclairante : face au changement, ce ne sont jamais les plus forts ou les plus grands qui survivent, ce sont ceux qui s’adaptent le plus vite.

Le message que je voudrais faire passer aujourd’hui est avant tout un message d’espoir.

Oui, nous pouvons, nous devons même nous réinventer et continuer à vivre presque comme avant, avec le virus, tout en nous protégeant contre le risque sanitaire.

Je voudrais prendre deux exemples concrets : la restauration et le spectacle.

Dans la restauration nous avons pu minimiser les risques cet été grâce aux terrasses. Mais dès qu’il fera froid et pluvieux, les restaurants redeviendront des espaces clos et donc à risque. Il va donc falloir se réinventer. On peut en effet imaginer que certaines terrasses restent ouvertes en hiver avec des auvents pour protéger de la pluie et un chauffage extérieur, certes pas très écolo mais que rien n’interdit grâce à des progrès techniques d’alimenter avec des énergies renouvelables. Pour le reste, les restaurants pourront préparer des « bentos » (ces boites repas japonaises) que les clients emporteront pour aller les manger entre collègues dans des espaces d’entreprise ou de collectivité qui seront réaménagés pour être à la fois aérés et permettant de se parler en mangeant tout en respectant les distances barrières.

Pour le spectacle, il est parfaitement imaginable que les spectateurs soient tous masqués (une salle de spectacle c’est comme un avion ou un train) et que les acteurs le soient aussi ! C’est le moment d’être créatifs. De nombreux styles de théâtre ont d’ailleurs depuis longtemps adopté le masque (le Kabuki ou le Nô par exemple). Certains masques adoptés pour les épidémies passées (la peste par exemple à Venise) se sont démocratisés, sont devenus des styles artistiques, des instruments de liberté (d’émancipation de la femme voire de libertinage dans la Venise de l’époque du fait de l’anonymat que conférait le masque – bouleversant les mœurs) et se sont perpétués jusqu’à nous grâce au Carnaval. À nous d’inventer de nouvelles formes d’art pour poursuivre une vie culturelle, une vie sociale y compris pour la jeunesse dans le monde de la nuit.

Nous ne sommes donc pas condamnés à transformer nos séances cinés en abonnement Netflix et nos déjeuners de famille en réunions zoom. Nous ne sommes pas condamnés à remplacer notre vie sociale « physique » par une vie digitale, virtuelle, où nous finirions par nous fondre et nous confondre avec le réseau.

Oui, il existe des millions de voies pour socialiser, pour faire la fête, pour se cultiver, pour se dépenser tout en prenant les meilleurs précautions contre le virus. Les seules limites sont celles de notre imagination.

À nous désormais d’inventer ces formes nouvelles, ces arts, ces sports, ces technologies qui permettront de faire quand même.

À nous de montrer que cette crise n’est pas seulement un malheur mais aussi une opportunité d’évoluer, de créer des choses nouvelles.

À nous de découvrir qu’en le faisant, nous créons en réalité « le monde d’après ».

À nous de prouver qu’il peut être bien meilleur que celui d’avant.

Courage et espoir !