«Covid: changer de stratégie pour s’adapter»

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La tribune que je viens de cosigner dans le Journal l’Opinion avec les députés « Agir ensemble » à l’Assemblée nationale :

Le monde a changé. Il ne s’agit pour le coup ni de nouveau, ni d’ancien monde mais simplement d’un virus, invisible à l’œil nu et inconnu il y a encore un an. Ne pas le reconnaître et s’accrocher à l’idée que nous retrouverons bientôt le monde d’avant serait folie.

En effet, nul ne peut garantir avec certitude que nous posséderons l’année prochaine ou l’année suivante un vaccin efficace, sans effets secondaires, disponible et accepté par une grande partie de la population mondiale. Notre premier devoir est donc d’être lucide : la Covid-19 risque d’être avec nous pour longtemps.

Pourtant, dans la grisaille de l’automne, alors que l’Europe semble submergée par la deuxième vague et ses habitants par la déprime du reconfinement, nous voulons ‎porter un message d’espoir. Une autre stratégie est possible, elle est indispensable, elle est même inéluctable.

En effet, la stratégie des interdictions et indemnisations, justifiée par la soudaineté et l’ampleur de la vague, n’est tenable ni psychologiquement ni financièrement dans la durée. Si un peu partout ‎en Europe et dans le monde, les gouvernements doivent reconfiner, c’est que nous n’avons pas encore intégré collectivement que le véritable effort à produire n’est pas celui de l’acceptation d’une réduction des libertés et d’une dette astronomique, mais celui de l’adaptation à un monde avec le virus.

« Vivre, ce n’est pas attendre que l’orage passe, c’est apprendre à danser sous la pluie », écrivait Sénèque. Il serait temps de s’en convaincre. Car une vie presque « normale » dans ce monde avec la Covid est parfaitement possible. Et nous voulons en donner des exemples précis.

Les humains ont besoin de socialisation, de contacts spirituels et physiques. Ils ont besoin de produire pour vivre. Ils ont besoin de culture, de sport, de vacances. Ainsi, plutôt que de tout mettre « sous cloche », regardons comment faire tout en assurant ‎la sécurité sanitaire.

Créons des espaces de restauration aérés et chauffés en hiver avec des tables respectant la distance d’un mètre et demi entre chaque convive, ceci dans nos villes mais aussi dans les entreprises, les cantines scolaires, les hôtels et peut-être même les immeubles collectifs. Favorisons les plats à emporter, les livraisons à domicile avec des véhicules propres.

Construisons de nouveaux équipements culturels de plein air comme les amphithéâtres de l’antiquité, où de nouveaux types de créations pourront se développer aux belles saisons. Distribuons des masques FFP2 pour les représentations culturelles en intérieur, pour les transports, pour le travail ou les réunions dans les lieux clos et mal aérés. Développons rapidement les technologies qui permettront, comme c’est déjà le cas actuellement dans les avions, de renouveler totalement toutes les trois minutes l’air des logements, des lieux de travail, des commerces, des vestiaires sportifs ou autres équipements de loisirs à risque.

Equipons tous nos ascenseurs et nos portes d’entrées de distributeurs de gel afin d’éviter qu’une personne malade contamine les 200 suivantes qui appuieront sur le bouton ou toucheront la poignée. Travaillons à des masques plus agréables et ergonomiques qui nous permettront de faire la fête en toute sécurité. Travaillons sur des autotests rapides et fiables qui nous permettront d’embrasser nos aînés, nos amours, nos enfants sans risque. ‎

Même si comparaison n’est jamais raison, nous n’avons, lorsque le sida est apparu, ni fermé les lieux de rencontre, ni renoncé à faire l’amour. Nous nous sommes adaptés et protégés et ce faisant nous avons adapté nos comportements grâce à une forte pédagogie. Telle doit être la priorité désormais avec la Covid-19.

Chacun doit agir en responsabilité. Être sans masque, sans respect des gestes barrière ou entretenir des contacts avec des personnes vulnérables sans s’être testé au préalable, c’est un peu pour la Covid-19 comme refuser l’usage du préservatif pour le sida. Ne pas s’isoler lorsque l’on est malade ou cas contact à la Covid 19, c’est prendre le risque de contaminer sciemment. C’est ce message qui ‎doit être passé, notamment auprès de la jeunesse, par des campagnes de communication massives. Ce sont aussi ces comportements qui doivent être sanctionnés par des amendes colossales voire des peines pénales.

Nous, députés du groupe Agir ensemble, en sommes convaincus : nous pouvons, nous devons continuer à vivre comme avant, tout en ne faisant pas exactement comme avant. Nous pouvons parfaitement travailler, faire la fête, voyager, nous cultiver, nous aimer mais en adaptant nos pratiques et nos comportements. Ce doit devenir la priorité numéro 1 désormais, celle vers laquelle nous orientons nos budgets, pour faire en sorte que ce nouveau confinement soit bien le dernier.

Pour achever de nous en convaincre, regardons l’histoire de l’humanité. A chaque changement majeur du monde, ce ne sont pas nécessairement les plus forts qui survivent, ce sont ceux qui s’adaptent le plus vite. Alors adaptons-nous. Vite. Là réside le véritable espoir, car il ne dépend ni d’un miracle ni d’une découverte scientifique, il ne dépend que de nous-même, ici et maintenant.

Les députés du groupe Agir ensemble : Olivier Becht (député du Haut-Rhin), Pierre-Yves Bournazel ( député de Paris), Annie Chapelier (députée du Gard), Paul Christophe (député du Nord), M’jid El Guerrab (député des Français de l’étranger), Christophe Euzet (député de l’Hérault), Agnès Firmin Le Bodo (députée de Seine-Maritime), Thomas Gassilloud (député du Rhône), Antoine Herth (député du Bas-Rhin), Dimitri Houbron (député du Nord), Philippe Huppé (député de l’Hérault), Aina Kuric (députée de la Marne), Laure de La Raudière (députée de l’Eure-et-Loire), Jean-Charles Larsonneur (député du Finistère), Vincent Ledoux (député du Nord), Patricia Lemoine (députée de Seine-et-Marne), Lise Magnier (députée de la Marne), Valérie Petit (députée du Nord), Benoît Potterie (député du Pas-de-Calais), Maina Sage (députée de Polynésie).