Déplacement en Géorgie dans le cadre des commissions de l’Assemblée du Conseil de l’Europe

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J’étais ce mardi à Tbilissi capitale de la Géorgie où se tenait la commission de la culture, de la science, de l’éducation et des médias de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe où je représente la France.
Nous y avons débattu des questions relatives au développement de l’Internet et des réseaux sociaux. Ceux-ci ont apporté beaucoup d’opportunités en termes d’échanges mais aussi d’informations. Mais ils comportent aussi des risques qui peuvent être dangereux pour la démocratie. Par exemple, lorsque nous allons sur un site internet ou un réseau, des algorithmes d’intelligence artificielle nous orientent vers les préférences que nous avons déjà exprimées. Si vous avez recherché récemment un livre sur un sujet précis, l’algorithme va vous orienter vers des ouvrages sur le même sujet. Au fur et à mesure de vos recherches, notamment sur Google, l’algorithme va établir votre profil et vous enfermer dedans.

Pour un même mot clé, Google ne présentera pas les mêmes résultats en fonction de votre profil déterminé par l’algorithme. Tapez British Petroleum si l’algorithme vous a qualifié sensible aux questions écologiques vous verrez apparaître les informations sur la dernière marrée noire provoquée par BP. Mais si l’algorithme vous a qualifié plutôt sensible aux questions financières vous verrez apparaître des infos sur la société BP.  Le risque est que l’algorithme finisse par nous enfermer dans une sorte « d’entonnoir de la pensée ». Autrefois on allait dans une librairie et on voyait des ouvrages très différents. Aujourd’hui sur Amazon, l’algorithme vous emmène directement vers vos préférences. C’est un risque pour la diversité. Pire demain l’algorithme pourra vous emmener directement vers des préférences qui ne seront pas les vôtres mais celles de ceux qui auront programmé l’algorithme.

De même nous avons débattu sur les possibilités qui existent ou qui doivent être mises en place pour éviter la diffusion des fausses nouvelles qui sont parfois diffusées et propagées à une vitesse vertigineuse sur les réseaux avec des impacts sur la démocratie. Une fausse nouvelle circule 10 fois plus vite sur internet qu’une vraie information. Comment faire pour que ces fausses informations ne puissent pas influencer l’opinion des citoyens voire changer le sens d’une élection (cf. Trump, le Brexit etc…).

C’est aussi le combat pour une presse libre avec des journalistes qui traitent et vérifient l’information.

Merci au Conseil de l’Europe qui réunit les 47 États de la grande Europe s’ouvrir des espaces de débat démocratiques sur ces sujets sensibles qui nous concernent tous.