Une pensée pour les victimes de l’attentat de Trèbes

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Je suis de tout coeur et en pensée avec les familles des victimes de l’ attentat qui a eu lieu dans un supermarché de Trèbes le 23 mars 2018. Je ne souhaite pas exploiter cet audieux événement à des fins de polémique politique mais je voudrais néanmoins rappeler que face à la menace qui demeure (Daech n’est pas encore vaincu en Syrie et au Sahel, et des loups solitaires radicalisés sont encore nombreux en France), notre pays doit agir. L’ Armée française fait un travail fantastique pour combattre les djihadistes au Sahel et au Levant. Les services de renseignement font un immense travail sur le sol national et à l’ étranger. Mais la question se pose toujours de savoir ce que l’on fait des personnes que l’ on sait radicalisées et dangereuses. Le souci c’ est que le droit actuel ne permet de les incarcérer que lorsque nous avons des preuves directes et concrètes qu’ elles vont commettre un attentat. Or l’histoire révèle à chaque fois désormais que le temps qui s’écoule entre le moment où ces loups solitaires prennent une arme et vont commettre un massacre est très court et ne permet pas d’intervenir. Les assignations à domicile ne servent pas à grand chose et n’empêchent pas non plus la préparation et la commission d’un attentat. Je pense donc que lorsque l’on a des preuves concrètes qu’ un individu représente par sa radicalisation religieuse, ses propos, son attitude, un danger grave et imminent pour la sécurité publique, nous devrions avoir la possibilité de le priver temporairement de liberté afin de pouvoir prendre les mesures utiles, notamment le cas échéant de déradicalisation, afin de protéger la société. La liberté religieuse que reconnaît notre pays et qui est tout à son honneur, ne doit pas nous amener en revanche à être naïf et laxiste. Vivre sur la terre de France nécessite tout de même de partager les valeurs fondamentales de notre pays et particulièrement le respect des Droits humains. Peut-on accorder une trop grande liberté aux ennemis de la liberté ? Je voudrais ici rappeler que j’ avais présenté en septembre dernier à l’Assemblée nationale un amendement au projet de loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme qui allait dans ce sens mais avait été rejeté de manière incompréhensible par la majorité. Cela n’aurait peut être pas empêché l’ attentat d’ hier, mais nous serions bien inspirés de revoir ces mesures afin de protéger nos concitoyens contre le terrorisme. Si nous ne le faisons pas de manière démocratique et responsable, les Français, face à l’absence de résultat et à la permanence de la menace, finiront pas élire un jour un dictateur qui prendra des mesures extrêmes et néfastes pour la paix et les Droits de l’Homme. C’est aussi une menace que nous devons éviter.

 

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