Point sur la gestion de la crise due au Covid-19

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Lutte contre le Coronavirus : respecter le confinement et coordonner les mesures au niveau mondial !

Comme je le disais la semaine dernière, il est inutile de céder à la panique mais il faut agir de manière rationnelle et non pas de manière erratique sous le coup de l’émotion.

Comme je le disais la semaine dernière également, les retours de terrain démontrent aujourd’hui que 80 % des cas déclarés de Covid 19 restent sans grande gravité avec les symptômes d’une grippe.

Mais près de 20 % des cas déclarés peuvent développer une forme très grave nécessitant une assistance respiratoire et 1 à 2 % des patients en décèdent.

Par rapport à la semaine dernière on constate en revanche que les formes graves ne touchent pas que les personnes âgées et malades mais aussi des personnes jeunes et sans pathologies préalables. Les décès restent pour l’instant essentiellement concentrés sur les personnes les plus âgées et les plus fragiles. Il y a tout de même des cas de décès parmi les personnes jeunes.

Ce que l’on constate également c’est que, contrairement à la grippe saisonnière, la contagion du Covid 19 est très rapide et que donc le nombre de personnes atteintes se concentre sur une période de temps très courte ce qui a pour effet de saturer très vite le système de santé en rendant très difficile le traitement en même temps de tous les cas graves.

C’est ce qu’a vécu l’Italie. C’est ce que nous vivons actuellement dans l’agglomération mulhousienne. C’est ce que l’Europe entière va vivre dans les prochaines semaines.

C’est la raison pour laquelle il est impératif de ralentir le rythme de diffusion du virus et donc de respecter strictement le confinement.

Le 10 mars dernier je soulignais que la mesure qui me semblait la plus efficace était celle d’un confinement mondial simultané, afin d’arrêter la circulation du virus, de détecter et de traiter les malades les plus graves.

La France et les Français doivent respecter strictement le confinement qui a été décrété. À mon sens celui-ci devrait encore se renforcer et les personnes autorisées à sortir se limiter au strict nécessaire (santé, police, pompiers, armée et circuit alimentaire).

Au-delà je suis inquiet de la manière dont certains pays gèrent les choses. Plutôt que de prendre tous ensemble des mesures radicales en même temps, les pays (même en Europe) semblent attendre d’être en difficulté pour prendre les mesures et les prennent de manière échelonnée et graduellement.

C’est ce qu’il y a de pire à mon sens.

D’une part, tarder à prendre des mesures c’est prendre le risque d’avoir un afflux massif de malades graves alors que le système de santé n’est pas en capacité de l’absorber. Cela crée nécessairement plus de morts. C’est ce qui explique qu’il y a plus de morts en Italie qu’en Chine.

D’autre part, fermer une région et meme un pays si les autres ne le font pas ça n’a pas de sens car avec le flux des humains et des marchandises au niveau mondial, dès qu’un pays sera sorti de la crise sanitaire, il risque de réimporter les virus depuis une zone qui n’aura pas encore été confinée. C’est ce qui se passe actuellement en Chine qui est en train de juguler l’épidémie mais qui sait que dès qu’elle rouvrira les frontières, risque de replonger avec des cas nouveaux importés qui vont contaminer à nouveau massivement.

Donc ne pas confiner, ne pas diagnostiquer, ne pas isoler et traiter les cas de manière simultanée au niveau mondial, c’est prendre le risque de voir traîner les choses sur des mois et des mois, sans régler le problème.

Or les conséquences économiques seront alors désastreuses.

Certains se moquaient de moi lorsque je disais la semaine dernière qu’à cause de la panique et de mesures non coordonnées dans la crise sanitaire,  la crise économique que l’on va créer risque de faire plus de morts que le virus mais je persiste et je signe.

C’est comme avec le virus, il y a des choses qu’on ne voit pas encore mais qui arrivent.

Les mesures que vont prendre les États pour prendre en charge les pertes des entreprises et les salaires pourront tenir quelques mois mais pas des années. 

Pour que les entreprises ne fassent pas massivement faillite en plongeant des milliards d’humains dans le chômage et la misère entraînant un chaos bien plus large que la crise sanitaire actuelle (la crise de 1929 a débouché sur la deuxième guerre mondiale qui a fait 50 millions de morts rappelons-le), il faut donc que l’on règle les choses le plus rapidement possible et que les acteurs économiques retrouvent un horizon.

C’est la raison pour laquelle, en qualité de Député de Mulhouse je passe actuellement mes journées à trois choses :

1. Aider autant que faire se peut les acteurs de la crise sanitaire sur notre Région :

– obtenir que le  Gouvernement fasse livrer les masques nécessaires pour le personnel soignant des hôpitaux et cliniques de Mulhouse ainsi que pour les professions libérales.

– obtenir l’ouverture de lits supplémentaires et de capacités de réanimation (respirateurs artificiels). Avec mon conseiller santé, le Docteur Georges Fabrice Blum, nous avons travaillé pour que les cliniques du Diaconat soient intégrées dans le plan de gestion du Covid 19 (60 lits seront ouverts sur Mulhouse)

– appuyer, en qualité de membre de la commission de La Défense nationale et des forces armées, les demandes de concours de nos armées : hôpital de campagne, hélicoptères et avions pour le transport des malades, hélas aussi livraisons de sacs mortuaires…

– plaider auprès du Gouvernement (je l’ai fait en direct ce matin dans la réunion de l’agenda stratégique du Gouvernement) pour que les médecins sur MULHOUSE soient autorisés à tester sur les malades le traitement proposé par le Pr Raoult à base d’hydroxychoroquine et d’Azitromycine.

2. Voter à l’Assemblée nationale les textes qui permettent d’assurer la continuité économique du pays. Nous avons voté aujourd’hui 300 milliards d’euros de garanties d’emprunts et 45 milliards d’aides directes aux entreprises pour maintenir les capacités à payer les salaires

3. Plaider auprès du Président de la République et du Premier Ministre pour qu’ils œuvrent à une stratégie mondiale de gestion de la crise qui permettrait d’en réduire la durée :
– confinement généralisé de la population sur une durée de 3 semaines minimum sur toute la planète
– tester et isoler le plus rapidement possible les malades
– soigner les malades avec les traitements qui s’avèrent aujourd’hui les plus efficaces dans l’attente d’un vaccin.

Encore une fois ce n’est pas par la panique, ni l’émotion que nous gagnerons cette guerre mais par des décisions rationnelles et coordonnées.

Mes pensés vont en cette heure à tout le personnel soignant qui est en première ligne du front de cette bataille.

À tous mes concitoyens qui ne sont pas dans des services essentiels, je vous demande de respecter strictement les consignes de confinement : contribuez à sauver des vies (en commençant par la vôtre), restez chez vous !

Nous sommes en guerre contre un ennemi invisible, nous la gagnerons ensemble par l’effort, la discipline et la solidarité.