Question au gouvernement – Radicalisation et mesures envisagées par le Gouvernement

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J’ai interpelé le Premier Ministre cet après-midi dans l’hémicycle à la suite de l’attentat de Strasbourg.

Je ne voulais pas intervenir sur le fond la semaine dernière pour ne pas laisser l’émotion  l’emporter sur la raison.

Mais cette semaine j’ai rappelé que j’avais présenté en 2017 un amendement à la loi sur la lutte contre le terrorisme qui aurait permis à un juge de placer en détention un individu jugé dangereux par sa radicalisation et ayant fait preuve de sympathie avec une mouvance terroriste. Cet amendement avait été rejeté par la Majorité En Marche et Modem.

Cette année, j’ai présenté au Président de la République, au Premier Ministre et sur le bureau de l’Assemblée, une proposition de loi de modernisation de la laïcité et des relations entre l’Etat et les cultes.

Ma proposition de loi est inspirée de l’expérience que j’ai vécue durant 10 ans sur le terrain en tant que Maire de Rixheim mais aussi des travaux que nous avions menés avec France Europe Avenir en partenariat avec l’évêché de Strasbourg, des imams, des pasteurs et des rabbins.

Cette proposition de loi reprend les mesures suivantes :

– neutralité de l’Etat et défense de la laïcité à la Française

– obligation que les tenues vestimentaires portées au nom de principes religieux dans l’espace public soient compatibles avec les valeurs et les coutumes de la République ( = interdiction des tenues qui sont synonymes de l’asservissement de la femme)

– interdiction aux collectivités publiques de satisfaire des demandes dérogatoires en matière alimentaire ou encore d’atteinte à la mixité des lieux publics fondées sur un principe religieux

– formation obligatoire des ministres du culte dans un établissement public dépendant de l’Etat et soumission de l’exercice de ce ministère à un agrément susceptible d’être retiré.

– interdiction du financement des cultes par l’étranger.

– financement des ministres du culte et des lieux de culte par des associations agrées qui peuvent réunir des dons déductibles des impôts dans la limite d’un certain plafond.

Ces mesures sont essentielles si on veut combattre le mal à la racine.

Hélas le Gouvernement n’a montré dans sa réponse aucun signe d’écoute ou de considération de ces propositions. Le secrétaire d’Etat à l’intérieur a même considéré que les dispositifs actuels fonctionnaient bien.

J’espère qu’il ne faudra pas de nouvelles victimes pour que la prise de conscience se fasse et que des mesures globales de lutte contre la radicalisation soient prises.

La balle est dans le camp du Gouvernement.