La raison cachée de la hausse des prix des carburants

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Paradoxalement, la révolte des Gilets jaunes est issue d’une erreur du Gouvernement sur la baisse des impôts : celle de la taxe d’ habitation.

En supprimant la taxe d’ habitation alors qu’ il aurait pu simplement réformer cet impôt pour le rendre plus juste et plus en adéquation avec les revenus réels des contribuables, Emmanuel Macron ne s’ est pas simplement mis les collectivités locales à dos, il a aussi créé une bombe à retardement qui explose désormais.

Pourquoi ?

Simplement parce que la suppression de la taxe d’ habitation (compensée par une dotation de l’État aux collectivités locales) crée une baisse de recettes fiscales de 15 milliards d’ euros.

Or le Gouvernement n’a pas baissé en parallèle les dépenses de 15 milliards. Et comme le Président s’est engagé à respecter la maîtrise des déficits publics, il était dès lors évident que ces 15 milliards allaient devoir être récupérés quelque part. C’est la fiscalité sur les produits pétroliers qui y répond en grande partie.

Bercy pensait pouvoir faire passer la pilule en habillant cela en contribution à la transition énergétique. Manque de chance, la coupe de la fiscalité étant déjà pleine à rabord, la moindre augmentation (alors même que les effets de la baisse de la taxe d’ habitation ne sont pas encore effectifs pour tous les ménages) faisait déborder la coupe.

Les gilets jaunes expriment la colère du peuple face au pays qui détient presque à lui seul le record de prélèvements obligatoires dans le monde.

Le Président n’ a pas vu non plus la détresse de tous les Français qui galèrent au quotidien et peinent à boucler les fins de mois. Peut-être a-t-il sous-estimé la difficulté à sortir 20 ou 30 euros de plus par mois de taxe carbone alors que 50% des Français gagnent moins de 1700 euros de revenus nets par mois ?

Le problème n’ est plus celui des pauvres, le problème est désormais celui des classes moyennes qui ne peuvent plus supporter l’ achat d’ une voiture électrique à plus de 20 000 / 25 000 euros, même avec 4000 euros de prime de l’ État. Le même problème pour changer une chaudière à parfois plus de 10 000 euros.

La transition écologique nécessitera du temps et surtout des moyens. C’ est la raison pour laquelle je défends depuis plusieurs semaines l’ idée d’ un Grenelle de l’ Énergie afin d’associer tous les Français à des choix stratégiques car le passage par exemple au tout électrique nécessite aussi de se poser la question du mode de production de cette électricité à l’heure où le Gouvernement veut fermer des centrales nucléaires et où l’on découvre que les technologies vertes (éolien, solaire…) ne sont pas aussi vertes que ça tant elles consomment de minerais exploités dans des conditions environnementales désastreuses.

Bref, le problème est complexe. Pour l’aborder il faut donc les conditions de temps et de sérénité qui ne sont pas remplies actuellement.

Lorsque l’on s’aventure dans une voie dangereuse, il n’y a pas de honte à faire demi-tour pour reprendre le bon chemin, tandis que l’ orgueil de vouloir continuer à tout prix peut nous conduire dans le ravin.

Si le Président veut donc mener à bien un grand débat national sur la transition énergétique (qui est indispensable pour la survie de la planète), il serait avisé de procéder selon les étapes suivantes :
– suspendre la hausse des taxes sur les produits pétroliers
– suspendre la suppression de la taxe d’habitation (indispensable si on veut boucler le budget en maîtrisant le déficit)
– lancer le débat sur la transition énergétique
– lancer ensuite une réforme fiscale juste qui permettra à chacun de contribuer en fonction de ses moyens à cette transition sans affaiblir le pouvoir d’ achat des classes moyennes.
– enfin engager une vraie réforme de baisse de la dépense publique pour pouvoir vraiment baisser le taux des impôts