Tribune – Le Pass sanitaire, un mal nécessaire mais encadré

/ Réaction

L’Assemblée nationale a adopté hier nuit en première lecture le projet de loi sur la gestion de la sortie de crise sanitaire, après quelques tensions liées aux positions de nos amis du Modem.
Le texte met en place un Pass sanitaire qui sera exigible pour les franchissements de frontière et les grands évènements.
De quoi s’agit-il ?
Il s’agit d’une icône sur Tousanticovid ou d’une preuve papier :
– soit d’une vaccination contre la Covid 19
– soit d’un test PCR ou antigénique négatif de moins de 72 heures
– soit d’un test sérologique indiquant que l’on a les anticorps contre la Covid 19.
Ce n’est donc en aucun cas une obligation de se faire vacciner puisque les personnes qui n’auront pas été vaccinées pourront toujours faire un test qui remplacera alors le vaccin. Les tests PCR et antigéniques sont par ailleurs remboursés par la sécurité sociale ce qui ne rajoute pas de frais supplémentaires par exemple pour se rendre à l’étranger ou à un concert de plus de 1000 personnes.
Lors du débat certains ont crié au scandale en disant que l’on serait bientôt obligé de montrer un passeport pour se déplacer dans notre propre pays. C’est FAUX.
Le Pass sanitaire ne sera obligatoire que pour les déplacements à l’étranger. C’est d’ailleurs déjà obligatoire de produire un test PCR pour entrer en France. Et heureusement car sinon nous importerions de nombreux cas de maladie et de variants tous les jours dans notre pays. Le fait que les tests puissent se mettre sur une application est une sécurité supplémentaire grâce aux codes. Bien sûr on aura toujours des tentatives de fraude numérique mais elles seront plus difficiles que la falsification d’un test sur le papier.
Le Pass sanitaire ne pourra pas être exigé pour la vie quotidienne. Il sera interdit d’exiger d’être vacciné ou de produire un test pour aller au restaurant, dans un commerce ou au cinéma (sauf s’il y a plus de 1000 personnes dans la salle ce qui est tout de même rare).
En revanche, le Pass sera nécessaire pour entrer dans un événement rassemblant plus de 1000 personnes. Une foire, un salon professionnel, un mega-concert, un grand rassemblement…
C’est une contrainte. C’est vrai.
Mais réfléchissons. En février 2020 se tenait à Mulhouse un grand rassemblement religieux. 2000 personnes dans une salle pendant plusieurs jours. Probablement 2 personnes malades avaient alors contaminé plusieurs centaines d’autres formant un cluster qui contribua au début de la première vague et embolisa quelques semaines plus tard le centre hospitalier de Mulhouse, exigeant évacuations sanitaires et le montage d’un hôpital militaire de campagne.
Imaginons maintenant que l’on soit capable de tester tout le monde avant l’événement et d’interdire aux deux personnes malades d’entrer dans la salle et d’éviter ainsi la chaîne de contamination.
Où serait le scandale :
– d’exiger la production d’un test négatif avant de mettre ces 2000 personnes dans la salle et d’interdire aux personnes positives d’entrer ?
– ou de ne pas exiger le test et de mettre les 2000 personnes dans la salle comme si de rien n’était en risquant un nouveau cluster et des morts ?
Pour moi la réponse est claire.
Ainsi ce n’est pas le Pass sanitaire qui est un scandale c’est de ne pas l’exiger qui serait scandaleux.
C’est la raison pour laquelle j’ai voté cette mesure, malgré l’opposition des élus LR, LFI, socialiste et de nos amis Modem en début de soirée.
Même si nous sommes en train de sortir de la 3ème vague, nous devons rester prudents car le virus n’a pas disparu et l’hypothèse d’une quatrième vague est loin d’être exclue.
Continuons donc à être responsables dans cette guerre contre la Covid 19 !