Tribune – Il ne faut pas freiner le virus, il faut l’éradiquer !

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Covid 19 : Il ne faut pas freiner le virus, il faut l’éradiquer !!!
Presque 1 an jour pour jour après le premier confinement national, 16 départements démarrent aujourd’hui leur troisième du genre. Et il est très probable au regard des chiffres que d’autres régions basculeront d’ici quelques semaines à leur tour.
Malgré les 50 nuances de confinement qui laissent penser que le prochain ne ressemblera pas au dernier, beaucoup finissent par croire que l’on ne sortira jamais de cette crise !
Le pays, lassé pour ne pas dire désespéré, sombre, comme souvent, dans des polémiques stériles du type « si on avait confiné il y a un mois, on n’en serait pas là ».
OUI le Président de la République a eu raison de ne pas confiner de manière préventive, car l’objectif d’une Nation n’est pas de vivre confinée.
Ici en Alsace, nous voyons les taux d’incidence monter, même s’ils restent inférieurs à la moyenne du pays. Faut-il dès lors confiner maintenant pour éviter d’être confinés demain ? Ce débat n’a pas de sens.
Il n’a pas de sens car le confinement ne sert qu’à freiner le virus et pas à l’éradiquer.
La preuve en a été donnée en 2020 : les deux confinements de mars puis de novembre ont permis de faire retomber la pression mais quelques mois ou quelques semaines après, l’épidémie repart.
Si erreur du Président de la République et du Gouvernement il y avait, c’est bien dans l’objectif assigné aux confinements qu’il faudrait la chercher : freiner le virus et non l’éradiquer.
Cette erreur n’est d’ailleurs pas que française, elle est européenne et même américaine. C’est tout l’Occident qui a adopté cette stratégie visant à faire reposer tous nos espoirs sur les vaccins et en attendant le vaccin à tenter de freiner l’épidémie par à-coups pour ne pas saturer le système de santé.
Or cette strategie est mortifère.
D’abord elle a un coût considérable à la fois sur le plan humain (bientôt 100 000 morts en France), sur les plans économique et social (des centaines de milliers de chômeurs et de pauvres) et sur le plan financier (des centaines de milliards d’euros de dette).
Ensuite, elle soumet nos soignants à une pression continue et nos habitants à des effets destructeurs pour la santé (Covid longs, dépressions, mortalité indirecte due aux déprogrammations de soins).
Enfin, faisant tout reposer sur l’espoir du vaccin, elle s’expose à ce qu’un seul problème dans la stratégie vaccinale fasse s’effondrer tout l’édifice et prolonge d’autant le chaos sanitaire.
En octobre 2020, j’écrivais déjà que le succès du vaccin reposait sur de multiples critères :
– que l’on dispose de livraisons suffisantes pour vacciner rapidement (on voit déjà que le rythme de production et de livraison est trop lent pour vacciner tout le monde en moins de six mois)
– que plus de 60 % des Français veulent se faire vacciner afin d’atteindre l’immunité collective (on ne peut pas dire qu’il y ait un enthousiasme débordant – cf déjà chez les soignants)
– que l’on ne rencontre pas d’incidents sur des effets secondaires qui saperaient la confiance dans les vaccins (ce qu’on vient de vivre avec Astra Zeneca)
– que l’on n’ait pas des variants qui deviennent résistants au vaccin obligeant à modifier la formule de certains vaccins et à reprendre la campagne vaccinale à zéro (ce qui risque d’arriver d’ici quelques mois avec les variants sud-africains et brésiliens ou d’autres).
Bref, la réalisation d’une seule de ces variables est susceptible de remettre en cause la réussite de la stratégie vaccinale.
Bien sûr, je suis très favorable à la vaccination et elle constitue un énorme espoir, réel et puissant, de sortir de la crise. Mais le bon sens populaire commandant de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, il aurait été prudent de ne pas faire reposer TOUS les espoirs sur les vaccins.
Car un autre espoir est possible et il ne dépend pas de la science ou de la mutation du virus, il ne dépend que de nous.
En effet, à l’autre bout du monde, en Asie Pacifique, de nombreux pays se sont quasiment débarrassés de la Covid 19 et cela depuis plusieurs mois. Restaurants ouverts, théâtres, cinémas, fêtes, embrassades n’ont pas attendus le vaccin en Chine, en Corée du Sud, au Vietnam, à Taïwan, en Australie, en Nouvelle Zélande…
Leur secret ? La stratégie ZÉRO COVID !
Leur ambition : ne pas freiner le virus, l’éradiquer ! Un seul cas sur le sol national c’est déjà trop.
Leur méthode :
– frontières étanches (on ne passe qu’avec un PCR négatif et 15 jours de quarantaine)
– confinement très strict mais très court au moindre cas
– on teste tout le monde
– on isole de manière très stricte les personnes positives et les cas contacts pour casser les chaînes de contamination.
Est ce que ça marche ? Réponse : OUI
La preuve par les chiffres depuis 1 an :
– Taïwan : 10 morts
– Nouvelle Zélande : 23 morts
– Vietnam : 35 morts
– Corée du Sud : 690 morts
– Australie : 900 morts
On a beau dire que certains de ces pays sont des îles et que c’est plus simple (ce n’est pas le cas du Vietnam ou de la Corée, et l’Australie est une île qui a la taille de l’Europe), la méthode marche.
On a beau dire que la Covid revient quand même et qu’ils doivent régulièrement reconfiner une ville et tester tout le monde, c’est vrai mais pendant ce temps là ils ont repris une vie normale et leur économie tourne à plein régime.
On nous dit que cette méthode Zéro Covid ne marcherait pas en France car les enjeux logistiques sont trop lourds.
Mais a-t-on seulement essayé ???
Sommes-nous plus bêtes que nos amis d’Asie et d’Océanie ?
Sommes-nous à ce point là prisonniers d’une bureaucratie qui pense que l’on ne peut que freiner le virus par décrets fermant les lieux sociaux et interdisant les déplacements et pas l’éradiquer en organisant des tests généralisés en porte-à-porte et en accompagnant les personnes positives dans un isolement strict mais temporaire.
Combien de temps faudra-t-il encore pour que l’on essaye au moins une fois dans notre pays ? Que risque-y-on à essayer ???
Au pire ça ne marche pas et on revient à la situation actuelle.
Au mieux ça marche et on peut reprendre une vie normale sans attendre que tout le monde soit vacciné et sans être suspendu au risque qu’un variant devienne résistant au vaccin et mette par terre toute la stratégie vaccinale.
Si cela marche en France alors, je suis prêt à parier que tous les pays autour de nous en Europe s’y mettront aussi et l’on pourra alors réouvrir les frontières sur le principe des bulles entre régions « sans Covid ».
Au moment où la France entame son troisième confinement, il serait temps de réaliser que les enjeux sont énormes : morts, malades de longue durée, coûts économiques, sociaux, financiers et surtout maintenant risque de décrochage et de déclassement de l’Europe par rapport aux pays d’Asie-Pacifique.
Cette crise dans laquelle l’Europe s’englue, dépasse les simples enjeux de santé, c’est désormais de notre destin collectif dont il est question.
Il serait bon d’AGIR. Si possible avant le 4ème confinement.